Ami entends-tu ?

27 février 2009

Le chant des partisans
C’est le 1er texte qui m’est venu à l’esprit en lisant un article paru sur le site de Libération ce matin.
Le titre de cet article ? “Elle rechargeait les portables de migrants : garde à vue” (http://www.libelille.fr/saberan/2009/02/elle-rechargeai.html).

L’histoire ? Elle est de celle qui a un peu trop tendance à se répéter ces derniers mois… Celle qui fait que l’on arrête des personnes pour s’être montré tout simplement humaines. Celle qui fait que l’on met en garde à vue des personnes qui essaient d’aider d’autres humains malgré des lois répressives au nom des sacro-saints chiffres. Bien sûr ceux qu’ils aident sont des dangereux fauteurs de troubles pensez-donc ! Des Afghans qui essaient de rejoindre l’Angleterre pour échapper à un pays où on risque sa peau tous les jours, des Irakiens idem alors que chez eux la démocratie est tellement bien établie qu’on ne parle plus ici des bombes et des kamikazes… déjà vu, pas un bon sujet pour le 20 heures.

Une autre catégorie de dangereux personnages : des africains qui ont crû leurs aînés qui leur disaient qu’ici c’était l’Eldorado pour ne pas avouer qu’ils ne faisaient que survivre. Qui ont risqué leur peau pour vivre et aider leur famille et qu’on embarque de force dans des avions commerciaux ligotés et baillonnés.

Et il se trouve de mauvais Français (ils sont forcément mauvais puisqu’ils se dressent contre la Loi et l’Ordre) pour oser s’indigner ! Il se trouve de mauvais citoyens qui encouragent tous ces gens réfugiés dans les bois en leur donnant à manger (à manger, on rêve !) et en leur donnant des vêtements. Pour un peu on en ferait des privilégiés

Monique Pouille est de ces femmes qui mériteraient d’être citées en exemple pour leur dévouement et leur bonté. Monique Pouille est de ces femmes qu’on devrait donner en modèle aux enfant. Mais dans notre société telle qu’elle se dessine et telle que l’on ne veut plus, Monique Pouille est arrêtée par des gendarmes à 7h45 du matin, mise en garde à vue, moquée et on lui fait comprendre qu’on l’a mise sous écoute.

Dans notre société telle qu’elle se dessine et l’on ne veut plus, on envoie un message d’intimidation à ceux qui font preuve d’humanité envers l’Autre et à ceux qui seraient tenté de faire la même chose.

Alors en lisant cet article et en repensant à ces histoires de citoyens débarqués de force des avions, menottés, inculpés, condamnés pour avoir demandé qu’on traite l’Autre avec humanité (comme la France l’exige haut et fort des autres pays), les premiers mots qui me sont venus en tête furent ” Ami entends-tu/Le vol noir des corbeaux/Sur  nos plaines. /Ami entends-tu/Les cris sourds du pays/Qu’on enchaîne …”

Et cela m’a vraiment déplu